POINT DE SITUATION - OPEX DU 22 AU 28 MARS

MOZAMBIQUE

MOBILISATION A LA SUITE DU PASSAGE DU CYCLONE IDAI

Les forces armées de la zone sud de l’océan indien (FAZSOI) se mobilisent pour venir en aide à la population du Mozambique, qui a été durement touchée par le passage du cyclone Idai, dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 mars 2019. 
Les moyens militaires des forces de souveraineté des FAZSOI, ainsi que la présence du porte-hélicoptères amphibie « Tonnerre » dans cette zone permettent à la France d’apporter une réponse rapide, et adaptée à la demande d’assistance du Mozambique. Près de 700 soldats, marins et aviateurs sont mobilisés dans cette opération, baptisée « Caouanne ». 
Dès le vendredi 22 mars, un Transall, des forces françaises stationnées à Djibouti, a effectué un premier transport aérien de matériel logistique humanitaire d’urgence (tentes entrepôts, générateurs, kits d’éclairage, outillage…) entre la Réunion et la ville de Beira, particulièrement sinistrée.
Le samedi 23 mars 2019, la frégate de surveillance Nivôse, de la base navale « Port des Galets » des FAZSOI ainsi que le Porte-Hélicoptères Amphibie (PHA) Tonnerre, en mission Jeanne d’Arc, ont été mobilisés pour le chargement et le transport de fret humanitaire. 
De son côté, à Mayotte, le Tonnerre, avec son équipage et les 130 officiers élèves, a embarqué plus de 90 palettes de matériel.  
A bord, l’armée de Terre compte une section du 1er régiment étranger de génie (1er REG) dotée de moyens lourds EGAME/EGRAP (tractopelles), présente sur le Tonnerre depuis le début de la mission Jeanne d’Arc. Un détachement du régiment d’infanterie chars de marine (RICM) a également embarqué avec ses 2 GBC (véhicule cargo tout terrain militaire)  et ses 7 MASSTECH (véhicules 4×4 de nouvelle génération) à Djibouti alors qu’il participait à l’exercice Wakri.
Deux hélicoptères Gazelle du 3e régiment d'hélicoptères de combat sont disponibles sur le bâtiment. 
 Le groupe Jeanne d’Arc, qui comporte le Tonnerre et la frégate La Fayette a été scindé à cette occasion pour répondre à une double mission : si le PHA Tonnerre, renforcé de moyens des Forces Française de Djibouti, est réorienté pour contribuer à cette mission d’assistance humanitaire, la frégate légère furtive La Fayette maintient quant à elle sa participation aux missions de souveraineté dans le canal du Mozambique, dans laquelle était engagé le groupe Jeanne d’Arc. Le Tonnerre a appareillé le 25 mars, et procède actuellement aux opérations de débarquement du fret. 
La frégate de surveillance Nivôse (faisant partie des FAZSOI) a appareillé depuis la Réunion, le mardi 26 mars 2019, avec plusieurs tonnes de matériel humanitaire livré par la Croix-Rouge. Elle devrait débuter les opérations de débarquement du matériel le samedi 30 mars. 
Les deux bâtiments vont décharger le matériel à proximité des populations sinistrées. Sur place, l’objectif est de contribuer aux opérations de soutien aux populations démunies, soutenir les organisations non gouvernementales, renforcer les structures de soutien déjà existantes et apporter un renfort médical.

MISSION JEANNE D’ARC 2019

LE GROUPE JEANNE D’ARC 2019 EN SOUTIEN DIRECT A L’OPERATION ATALANTA

Avant la réorientation de sa mission vers le Mozambique, le groupe Jeanne d’Arc, composé du Porte-Hélicoptères Amphibie Tonnerre et de la Frégate La Fayette, a apporté son soutien direct à l’opération EU NAVFOR ATALANTA à compter du 18 mars 2019. La présence du groupe est venue renforcer, dans le cadre de cette opération, la stabilité de la zone du golfe d’Aden et de l’océan Indien, routes maritimes stratégiques. 
En complément des surveillances maritimes et des missions de reconnaissances réalisées par un Falcon 50 de la 24F déployé dans la zone et une alouette III de la 22S déployée à bord du Tonnerre, le groupe Jeanne d’Arc a patrouillé au large de la Somalie. Chaque jour, les équipes de visite des deux bâtiments ont été envoyées sur des boutres pour échanger avec les équipages et relever des éléments d’ambiance permettant de déceler  une éventuelle reprise d’activité de la piraterie. Le La Fayette s’est chargé de vérifier l’application des Best Management Practice, mesures prises par les navires de commerce pour les protéger face aux pirates.  Les bâtiments ont également navigué à quelques nautiques des côtes somaliennes, là où les pirates installaient leur camp, afin de dissuader toute nouvelle reprise d’activité.
Cette opération a permis aux 130 officiers élèves en formation de découvrir l’organisation d’une force navale en opérations. Certains d’entre eux ont directement pris part aux actions menées, en intégrant les équipes de visite ou en étant de quart en passerelle ou en passerelle aviation.
La contribution du groupe Jeanne d’Arc à Atalanta est l’une des nombreuses missions opérationnelles auxquelles le groupe prend part tout au long de son parcours. C’est un signe fort de soutien à l’opération européenne dont le commandement des opérations sera transféré le 29 mars 2019 de Northwood (Royaume-Uni) à Rota (Espagne) et à Brest qui hébergera le centre MSCHoA (Maritime Security Centre – Horn of Africa). Ce centre sera en charge de la communication sur la situation maritime avec les compagnies maritimes civiles.

PACIFIQUE

SAISIE DE DROGUE PAR LA FREGATE DE SURVEILLANCE PRAIRIAL

Les Forces armées en Polynésie française ont saisi le 23 mars près de 800 kilos de cocaïne dans les eaux internationales, au large du Nicaragua. Cette opération a été réalisée par la frégate de surveillance « Prairial », en mission de longue durée dans le Pacifique, avec l’appui de l’Etat-major interarmées et du bureau de l’action de l’Etat en mer des forces armées en Polynésie française. 
La frégate, intégrée dans les opérations de lutte contre les trafics illicites aux côtés de plusieurs nations, sous le contrôle tactique du Joint Interagency Task Force – South (JIATF-S), a inspecté un « panga », une embarcation de pêche traditionnelle en Amérique du Sud, au comportement suspect, à la dérive en haute-mer au large du Nicaragua, à la suite de la détection de cette embarcation par un avion de patrouille maritime américain. 
Pendant le transit du Prairial vers le panga, le commandement supérieur des Forces armées en Polynésie française à Tahiti active les voies diplomatiques pour mettre en œuvre l’article 17 de la convention de Vienne sur la répression du trafic de stupéfiants. Les éléments de suspicion rassemblés permettent d’obtenir l’accord de l’Etat du pavillon à la fouille. Le commandant du Prairial déploie alors son équipe de visite à bord, qui débouche sur la saisie de 766 kg de cocaïne.
Le contre-amiral Laurent Lebreton, commandant de la zone maritime Pacifique (ALPACI) et commandant supérieur des Forces armées en Polynésie française, a félicité les intervenants et l’équipage pour cette « belle action collective », « une première depuis que les Forces armées en Polynésie française intègrent ce dispositif. » La coopération avec les Etats riverains, notamment l’Equateur et la Colombie, a été très bénéfique. 
Cette action s’intégrait dans une première participation à l’opération internationale Orion III, plus vaste encore, et qui mobilise l’ensemble des marines et des garde-côtes de la région, dans un effort commun de lutte contre le narcotrafic par voie de mer.

CHAMMAL

SITUATION MILITAIRE DU THÉÂTRE

  • Reprise de la poche de Baghouz

Après de violents combats, les Forces Démocratiques Syriennes ont planté leur drapeau sur Baghouz le samedi 23 mars, ce qui marque la fin de l’emprise territoriale de Daesh au Levant.
Cette chute du pseudo-califat marque une étape décisive et couronne les efforts des Forces Démocratiques Syriennes, des forces de sécurité irakiennes, de la coalition internationale et des forces françaises de l’opération Chammal, dans la moyenne vallée de l’Euphrate, mais elle ne signifie pas la fin de la guerre contre Daesh. Comme l’a annoncé la ministre des Armées, madame Florence Parly, le combat continue.

  • Poursuite des actions en Irak

La situation sécuritaire reste stable en Irak, et reste sous contrôle des forces de sécurité intérieures. 
ACTIVITÉ DE LA FORCE

A la suite de la reprise des derniers territoires encore aux mains de Daesh, le dispositif des forces françaises engagées au Levant va évoluer ces prochaines semaines. La France poursuit actuellement son engagement au sein du pilier appui de la coalition à travers la poursuite des opérations aériennes : ; les aéronefs français continuent de remplir des missions de surveillance et de renseignement en Irak et en Syrie tout en étant en mesure de procéder à des frappes. 
Le groupe aéronaval participe toujours à l’opération Chammal. Le destroyer américain USS Ross a rejoint le groupe aéronaval le 22 mars.

  • Un A330 MRTT « Phénix » participe pour la première fois à la relève des Rafale au Levant

Vendredi 22 mars 2019, l’A330 Phénix de la 31e escadre aérienne de ravitaillement et de transport stratégique a été déployé au Levant,  dans le cadre de la relève de deux avions de combat Rafale.
Pour la première fois, le nouvel avion stratégique de l’Armée de l’air a convoyé deux Rafale de la 30e escadre de la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, qui ont pris le relais deux Rafale de la 4e escadre, stationnée sur la base aérienne 113 de Saint-Dizier. Le Phénix a décollé peu après 9 h de la base aérienne 125 d’Istres. Il a rejoint les Rafale de Mont-de-Marsan sur un axe de ravitaillement au large de la Corse. Après 4 h 30 de vol, le Phénix a atterri à Amman-Marqa en Jordanie. Au total, un peu plus de douze tonnes de pétrole ont été délivrées aux deux avions de chasse. 
Il s’agissait du premier véritable convoyage d’avions d’armes confié à un Phénix. Le succès de cette mission confirme les capacités du Phénix, et en particulier, le système de préparation de mission récemment reçu.
Livré à l’Armée de l’air au mois de septembre 2018, le Phénix est un aéronef multi-rôles, tant ravitailleur que transporteur (fret et passagers). L’avion de ligne A330 a été militarisé et adapté aux besoins spécifiques de l’Armée de l’air. En janvier dernier, l’A330 Phénix réalisait sa première mission très longue distance dans le cadre de l’exercice « Marathon-Monfreid ». 
Si la dissuasion reste la mission première des ravitailleurs, le Phénix permettra aussi d’assurer, sans discontinuité et avec des performances substantiellement accrues, les missions de ravitaillement en vol des capacités conventionnelles de transport de personnel et de fret, d’évacuation aéro-médicalisée et de relais de communication et de renseignement. Aux termes de la loi de programmation militaire 2019-2025, l’Armée de l’air sera dotée de 15 Phénix à l’horizon 2025.

  • La Task Force Monsabert forme les auxiliaires sanitaires irakiens

Fin mars a lieu le pèlerinage chiite d’Al Kadhimiya qui est l’un des plus importants de la région. Cet événement — qui rassemble des millions de personnes à Bagdad —, constitue un réel défi pour la 6e division irakienne chargée de la sécurité de la capitale. Il représente également un défi pour les auxiliaires sanitaires militaires. 
La Task force Monsabert a organisé avec l’équipe médicale française un programme de formation et d’entraînements spécifiques qui s’est déroulé du 17 au 19 mars, pour entraîner le personnel de santé irakien en vue de son déploiement sur le terrain.  
La première journée a été consacrée à la remise à niveau des ambulances irakiennes. Les véhicules ont été équipés selon des standards simples, avec du matériel adapté pour les premiers secours et le combat. 
Pour la seconde journée, les instructeurs ont créé trois protocoles de prise en charge de blessé adaptés aux ressources matérielles dont disposent les Irakiens. 
Les stagiaires ont pu mettre en pratique les procédures et protocoles nouvellement acquis de la prise en charge sur le lieu de l’incident au transport vers le centre de traitement, à l’occasion d’une séance de restitution organisée par la TF Monsabert.

  • Sorties air hebdomadaires (bilan du 20 au 26 mars inclus)

Les aéronefs français basés en Jordanie et aux Émirats arabes unis, et projetés depuis le groupe aéronaval poursuivent leurs actions contre Daech, au sein de la coalition.
Cette semaine, les aéronefs de l’opération Chammal ont réalisé 62 sorties aériennes (bilan du 20 au 26 mars inclus). Les Rafale français n’ont pas conduit de frappe cette semaine.

BARKHANE

ACTIVITÉ DE LA FORCE

  • Situation sécuritaire

La semaine a été marquée le 23 mars par le massacre des villageois d’Ogossagou, dans la région de Mopti au Mali, massacre dont les auteurs ne sont pas formellement identifiés. En réponse à cette situation d’une gravité exceptionnelle, le président de la République malienne a pris des premières mesures visant à renouveler le commandement des forces armées maliennes, chargées de la sécurité, ainsi qu’à démanteler les milices armées. Les autorités françaises ont fermement condamné ces actes effroyables et exprimé leur solidarité avec les populations maliennes, cibles de ces actions lâches et ignobles.

  • Les chefs d’état-major français et britannique en visite dans la bande sahélo-saharienne

Les 20 et 21 mars 2019, le général d’armée François Lecointre, chef d’état-major des armées (CEMA) s’est rendu au Mali avec son homologue britannique le général Nicholas Carter afin de rencontrer les soldats de l’opération Barkhane. À leur arrivée à Bamako, la capitale malienne, les chefs d’état-major ont rencontré différentes autorités civiles et militaires 
Les deux chefs d’état-major sont arrivés à la tombée de la nuit sur la base permanente de la force à Gao, où les honneurs leur ont été rendus par un détachement franco-britannique avant d’être accueillis par le général Blachon, commandant la force Barkhane et son représentant à Gao, le colonel Violante-Charbuy. 
Le lendemain matin, sur la place d’armes, à l’occasion de la cérémonie des couleurs qu’il présidait, le général Lecointre a rappelé l’importance de la coopération franco-britannique au Sahel, tout en remerciant plus largement chacune des nations associées à la force dans le combat contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne. 
« Afin d’atteindre l’ensemble de nos objectifs, nos partenaires européens seront demain plus indispensables que jamais. Cette opération est un intérêt majeur pour l’Europe tout entière » a annoncé le général Lecointre.
« Mon rôle est d’apporter des conseils aux membres de la classe politique britannique. C’est la raison de ma présence ici ce jour et c’est exactement ce que je ferai à mon retour à Londres. Même si nous devons quitter l’Union européenne, ce sont des alliances comme celle-ci que nous renforcerons dans le futur, car elles sont le futur » a assuré le général Carter.
S’adressant aux soldats français, le CEMA a salué leur engagement et leur professionnalisme, et a exprimé sa fierté d’être à leur tête, les encourageant à poursuivre la défense de la France depuis l’extérieur, avec toujours autant de ferveur, de courage et de valeurs. 
Les deux généraux se sont ensuite envolés vers Ménaka à bord d’un CH-47 Chinook de la Royal Air Force. Accueillis sur la base avancée temporaire par le colonel Soubrier, chef de corps du groupement tactique désert Bir Hakeim, les deux généraux ont suivi une patrouille en ville afin de s’imprégner de la situation dans le Liptako malien. Au contact de la population, ils ont pu mesurer les avancées dans cette région depuis que les forces armées maliennes et Barkhane y agissent quotidiennement, consolidant la sécurité des habitants.De retour sur la base de Gao, les chefs d’état-major sont allés à la rencontre du détachement britannique intégré au sein du groupement tactique désert aérocombat (GTD-A), qui fournit un appui logistique essentiel à la conduite des opérations de la force Barkhane. Depuis le mois d’août 2018, 4100 personnes ont été transportées, et 240 tonnes de matériel ont été héliportées. Ils ont ensuite rendu visite aux contingents de la mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) et des forces armées maliennes (FAMa), qui sont les partenaires majeurs de la force Barkhane.

  • Sorties air hebdomadaires (bilan du 20 au 26 mars inclus)

Les avions de la force Barkhane ont réalisé 71 sorties, parmi lesquelles 25 sorties de chasse, 15 sorties de ravitaillement/ISR, et 31 missions de transport. 71 sorties avaient été réalisées la semaine dernière.

Sources : État-major des armées 
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