Point de situation du 1er au 8 novembre

OTAN
EXERCICE TRIDENT JUNCTURE

L’exercice Trident Juncture 2018 s’est tenu dans l’Atlantique Nord, en Islande et en Norvège du 25 octobre au 7 novembre. Les 29 pays de l’OTAN, la Finlande et la Suède y ont pris part. L'exercice, qui avait pour thème une intervention militaire dans le cadre de l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord, visait à certifier les trois composantes qui assureront l’alerte de la NATO Response Force en 2019.

Au total, ce sont plus de 45 000 hommes, 10 000 véhicules, 150 aéronefs et 70 bâtiments de combat qui ont déployés, pour le plus grand exercice organisé par l’OTAN depuis plus de dix ans.

La France, deuxième contributeur à l’exercice en termes de capacités, a notamment engagé, pour un total de 3000 hommes, des moyens importants dans les domaines clés de l’action amphibie, de la lutte contre la menace nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique (NRBC), du ravitaillement pétrolier ou encore du soutien médical.

Au bilan, ces dix jours d’entraînement intense, dans des conditions météo dégradées, ont permis de renforcer l’interopérabilité des différentes nations de l’OTAN et d’entretenir l’aptitude des armées à agir dans les conditions d’environnement particulières du Grand Nord.

DAMAN
Le 26 octobre s’est tenu l’exercice franco-indonésien Tuyen Quang, dont le but était de tester les capacités de réaction de la Force commander reserve (FCR) pour venir renforcer le contingent indonésien armant le secteur Est de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) face à un incident sécuritaire fictif.

Présente depuis 1978 au Liban, la France est l’un des principaux pays contributeurs de la FINUL, avec près de 700 soldats déployés en permanence dans le cadre de l’opération Daman. La grande majorité d’entre eux arme la FCR. Cette force est composée de soldats français et finlandais. Elle est directement placée sous les ordres du général commandant la FINUL et est en mesure d’agir au profit de tous les contingents déployés au Sud Liban.

CHAMMAL
SITUATION MILITAIRE DU THEATRE

  • Offensive contre les dernières poches de Daech en Syrie

L’opération pour reprendre la poche d’Hajine dans la moyenne vallée de l’Euphrate, lancée le 10 septembre, marque un temps d’arrêt. Les forces démocratiques syriennes se réorganisent et consolident leurs positions.

  • Poursuite des actions de sécurisation en Irak

En Irak, les opérations de sécurisation des forces de sécurité irakiennes (FSI) se poursuivent, avec un renforcement à la frontière irako-syrienne. Les FSI ont assuré la sécurisation du pèlerinage chiite de l’Arbaïn, ce qui a permis à ce rassemblement religieux de se tenir dans des conditions de sécurité satisfaisantes. 
ACTIVITE DE LA FORCE

Le dispositif français déployé au Levant n’a pas évolué.

  • La Task Force Wagram en appui de l’offensive contre les dernières poches de Daech présentes dans la vallée de l’Euphrate

La Task Force Wagram appuie l’offensive des forces démocratiques syriennes contre Daech dans la région d’Hajine.
Les trois canons CAESAR ont réalisé, depuis le territoire irakien, 54 missions de tir (éclairement, harcèlement, destruction – bilan du 31 octobre au 6 novembre inclus).
Depuis le début de son engagement, la Task Force Wagram a réalisé 2052 missions de tirs.

  • Les bases aériennes en Jordanie et aux EAU en appui des opérations

Au sein de la coalition, les aéronefs français basés en Jordanie et aux Émirats arabes unis poursuivent leurs actions contre Daech. 
Cette semaine, les aéronefs de l’opération Chammal ont réalisé 18 sorties aériennes (bilan du 31 octobre au 6 novembre inclus) et conduit 2 frappes, en appui des FDS au nord d’Abou Kamal en Syrie.

Bilan total de l’action du pilier appui aérien depuis le 19/09/14 :
8618 sorties / 1478 frappes / 2277 objectifs neutralisés.

  • Action de formation au profit des FSI

Les 21 et 22 octobre, la Task Force Monsabert a formé des femmes de la 6ème division d’infanterie irakienne aux techniques de fouille, en vue de les préparer à leur mission de sécurisation du pèlerinage chiite d’Arbaïn, qui s’est tenu le 30 octobre à Karbala, dans le centre de l’Irak. Le commandant de la 6ème division avait souhaité s’appuyer sur l’expertise des militaires français pour effectuer un rappel des procédures de fouille adaptées aux femmes. Le personnel militaire féminin de la TF Monsabert a dispensé une instruction à trente employées civiles et militaires irakiennes. Celles-ci occupent des fonctions administratives mais devaient être déployées sur différents checkpoints afin de sécuriser le flux des millions de fidèles attendus. Durant deux jours d’enseignement théorique et pratique, il s’est agi de rappeler aux stagiaires les techniques qui avaient déjà été utilisées pour la sécurisation des élections législatives en mai dernier.

BARKHANE
APPRÉCIATION DE SITUATION

  • Situation sécuritaire

Au Mali, la situation sécuritaire n’a pas évolué dans la zone d’opération de Barkhane. En coordination étroite avec ses partenaires, la force continue de maintenir la pression sur les groupes armés terroristes (GAT).
ACTIVITÉ DE LA FORCE

  • La base aérienne projetée (BAP) de Niamey au cœur de la relève de la force Barkhane au Mali

La BAP de Niamey a été le centre névralgique des opérations visant à relever l’ensemble des unités engagées au Mali, soit plus de 75% de la force Barkhane. C’est le centre de coordination interarmées des transports transits et mouvements (CCITTM) de Niamey qui a ainsi coordonné au mois d’octobre cette relève majeure. Celle-ci est aujourd’hui achevée.
Chaque militaire engagé dans l’opération Barkhane et arrivant de France passe par Niamey avant d’être redéployé par avion de transport tactique vers la base de Gao.
Il a ainsi fallu orchestrer les mouvements de plusieurs milliers de passagers entre la France et le théâtre par le biais de 16 vols militaires. Plus de 100 tonnes de fret complémentaire ont également été acheminées par AN124. La ventilation du personnel et du matériel vers les différentes bases au Mali a ensuite nécessité 86 vols d’avions tactiques auxquels nos alliés, en particulier espagnols et américains, ont contribué.
L’acheminement des équipements majeurs se fait quant à lui, en parallèle des opérations de transport aérien, par voie maritime puis terrestre. Les navires affrétés par les armées débarquent ainsi une centaine de conteneurs et une cinquantaine d’engins roulants à Abidjan tous les deux mois.

  • Opérations dans la région du Liptako se poursuivent

Barkhane poursuit son action dans la durée dans le Liptako, aux côtés des forces armées maliennes (FAMa). Il s’agit de conserver l’initiative face aux GAT dans la région. 
La relève des différents groupements tactiques désert (GTD) n’a pas empêché de poursuivre les opérations de reconnaissance et de fouille, ni les  actions ponctuelles visant à permettre le démantèlement de réseaux. 
Le GTD blindé a par exemple poursuivi ses patrouilles de reconnaissance dans la région de Kidal.

  • Actions au profit de la population locale

Après la rentrée scolaire, Barkhane mène une vaste opération de distribution de kits scolaires dans différentes écoles.

  • Formation des forces locales

Afin de former et entraîner les partenaires du G5 Sahel, les armées et la coopération de défense françaises ont mis sur pied dans chacun des pays du G5  des centres de préparation à l’engagement opérationnel (CPEO). 
Centres nationaux de mise en condition opérationnelle finale, les CPEO ont pour vocation de renforcer les savoir-faire des unités et de confirmer l’aptitude des bataillons des Etats du G5 à s’engager aux côtés de Barkhane en étant notamment capables de bénéficier des mêmes appuis. 
Placés sous le contrôle de Barkhane, des militaires des éléments français au Sénégal (EFS) ou des éléments français au Gabon (EFG) sont prioritairement désignés pour réaliser ces formations.
Le 1er octobre, c’est un ainsi un détachement composé de 22 instructeurs des EFS, soutenus par une équipe médicale, qui a été projeté à Néma en Mauritanie dans le but d’assurer, pendant 2 semaines, la préparation à l’engagement opérationnel d’un bataillon mauritanien. Ce bataillon est fort d’un état-major, de deux unités d’infanterie et de sections ou groupes spécialisés. 
Les instructions ont porté sur le guidage aérien, le combat débarqué, le secourisme de combat, la lutte contre les engins explosifs improvisés ou encore le tir de précision et le travail d’état-major. Elles ont permis de confirmer l’aptitude de ce bataillon à être engagé au sein de la Force conjointe du G5 Sahel.

  • Soutien médical apporté aux forces armées tchadiennes

Après les accrochages entre rebelles et forces armées tchadiennes dans le Tibesti, au nord du pays, la force Barkhane a apporté un soutien médical  en évacuant des blessés vers l’antenne médico-chirurgicale de Gao. 
Sorties air hebdomadaires (bilan du 30 octobre au 6 novembre inclus):
41 sorties chasse / 23 sorties RAV ISR / 38 sorties transport
Total : 102 sorties (69 la semaine précédente).

Sources : État-major des armées 
Droits : Ministère de la Défense