Point de situation des opérations du 14 au 20 juin

BARKHANE

SITUATION MILITAIRE DU THÉÂTRE

  • Situation du théâtre

La force Barkhane poursuit son effort dans la région du Liptako-Gourma, d’une superficie équivalente à un quart du territoire métropolitain français, par le biais d’opérations, d’actions au profit de la population, et en appuyant les forces partenaires. Du 7 au 19 juin, elle a y a mené avec succès une opération d’ampleur aux côtés des forces armées maliennes et nigériennes, contre les groupes armés terroristes.

  • ACONIT — opération conjointe dans le Liptako avec les forces armées maliennes et nigériennes.

Du 7 au 19 juin 2019, Barkhane, les forces armées maliennes (FAMa) et les forces armées nigériennes ont mené une opération baptisée « Aconit » contre les groupes armés terroristes au cœur de la zone frontalière entre le Mali et le Niger, dans la région du Liptako.

Cette opération d’envergure a été planifiée et conduite avec un très faible préavis. Elle illustre la réactivité et l’agilité de Barkhane et constitue une réponse à la demande du président nigérien Mahamadou Issoufou, en réaction aux attaques menées par les groupes armés terroristes contre les FAN à Baley Berri le 14 mai 2019.

Cette opération a été menée avec les partenaires des forces armées maliennes (FAMa) et nigériennes (FAN). La présence d’officiers de liaison FAMa et FAN au sein des Postes de commandement tactiques et au cœur des sous-groupements a contribué au succès de l’opération, en permettant de coordonner efficacement les efforts des différentes forces dans cette zone frontalière. La zone d’opération comprenait notamment les villages d’Akabar, In Taglal, Kosseye, Tongo Tongo, Tabarkone, Zongo Dey et In Foukareteine.

La force Barkhane a déployé environ 400 hommes et près d’une centaine de véhicules du groupement tactique désert (GTD) « Edelweiss » depuis les bases de Gao et Ménaka. À leurs côtés, les forces armées maliennes et nigériennes ont respectivement engagé une section et une compagnie, combattant aux côtés de Barkhane sur leurs territoires respectifs. Cette opération conjointe, constituée d’actions de renseignement, de contrôle de zone et de combat, et menée avec succès dans une zone où se réfugiait l’EIGS, constitue un aboutissement du partenariat militaire opérationnel mis en œuvre par les forces armées françaises.

« Aconit » a été l’occasion de mettre à contribution la quasi-totalité des composantes de Barkhane. La complémentarité des actions des groupes commandos de barkhane et des groupements tactiques « désert », appuyés au combat par le groupe tactique « aérocombat » et par les détachements aériens de la base aérienne projetée de Niamey, ainsi que le renseignement fourni par les drones Reaper et un Atlantique 2 ont permis de concrétiser l’effort fourni.

En particulier, l’exploitation rapide du renseignement fourni par les FAN a permis de localiser un important groupe terroriste dans la forêt d’Azambara, du côté malien de la frontière. Dès confirmation de cette présence, une série d’actions dans la profondeur a été lancée le 13 juin, mêlant héliportage de commandos, frappes aériennes par les hélicoptères du GTD aérocombat « Hombori 22 » ainsi que par les Mirage 2000, opération de bouclage — ratissage par le GTD « Edelweiss » et les FAMa. Cette rapidité d’exécution et la rapidité de la manœuvre ont permis de créer un effet de choc sur le groupe armé terroriste clairement identifié, appartenant à l’État islamique au Grand Sahara, et de le contraindre à l’affrontement.

Au bilan de cette action, l’opération ACONIT aura permis de neutraliser plus d’une vingtaine de terroristes et de saisir un volume conséquent de ressources comprenant des armes de petit calibre, un lance-roquette, une vingtaine de motos et des moyens de communication. Le matériel saisi a permis de confirmer le lien entre ce groupe terroriste et l’attaque contre les FAN du 14 mai 2019 à Baley Berri. En particulier, des moyens optiques dérobés au FAN à cette occasion ont été retrouvés.

Après l’opération menée quinze jours plus tôt au Burkina Faso, les résultats obtenus par Barkhane avec ses partenaires maliens et nigériens illustrent la capacité d’adaptation de la force et la qualité de la coordination avec les armées partenaires.

  • Sorties air hebdomadaires (bilan du 12 au 18 juin inclus)

Les avions de la force Barkhane ont réalisé 115 sorties, parmi lesquelles 39 sorties de chasse, 32 sorties de ravitaillement/ISR, et 44 missions de transport. 101 sorties avaient été réalisées la semaine dernière.

CTF 473 — Mission CLEMENCEAU

RETOUR EN OCEAN INDIEN ET INTERACTIONS AVEC L’US NAVY

À l’occasion de son transit vers l’océan Indien, dans le cadre de la mission Clemenceau, le Charles de Gaulle a rencontré le 7 juin en mer d’Andaman le porte-hélicoptères américain USS Boxer avec lequel il a réalisé 24 heures d’exercices conjoints, enchainant manœuvres navales et vols combinés de jour comme de nuit. Le groupe aéronaval français et l’USS Boxer ont également mis à profit cette rencontre pour réaliser des échanges entre les équipages des deux nations.

La connexion des réseaux de communication entre le navire américain et les unités françaises (Bâtiment de commandement et de ravitaillement Marne, Frégate multimissions Provence, Frégate anti sous-marine), rendue possible par la compatibilité des matériels et des procédures, a permis une interopérabilité immédiate. Aussi, outre des exercices de combat aérien et d’assauts simulés sur des objectifs en mer, 2 aéronefs convertibles V-22 Osprey ont apponté sur le Charles de Gaullepour procéder à des transferts de personnel.

Après son déploiement en zone Asie-Pacifique, marqué par des exercices majeurs avec nos partenaires stratégiques et régionaux comme l’Inde (exercice VARUNA) ; le Japon, les États-Unis et l’Australie (exercice LA PÉROUSE) ; ou encore Singapour en marge du Shangri-La dialogue, le Charles de Gaulle et son escorte sont de nouveau passés sous le contrôle opérationnel d’ALINDIEN le 8 juin. ALINDIEN assure le commandement des moyens militaires français sur une zone maritime s’étendant du sud du canal de Suez aux limites ouest des eaux de la Birmanie, de l’Indonésie et de l’Australie. La France est le seul pays européen à disposer d’une permanence à la mer dans l’océan Indien.

La TF 473 y a poursuivi ses échanges avec ses alliés, et notamment avec la marine américaine. Ainsi le 16 juin, le contre-amiral Marc Aussedat, qui a remplacé le contre-amiral Lebas à la tête de la TF 473 le 3 juin 2019, et le capitaine de Vaisseau Marc-Antoine de Saint-Germain ont reçu à bord du porte-avions Charles de Gaulle le vice-amiral d’escadre James Malloy, commandant la 5e flotte américaine.

OTAN

LE CMT PÉGASE PARTICIPE À L’EXERCICE BALTOPS 2019

Pour son édition 2019, du 9 au 21 juin, l’exercice interallié BALTOPS regroupe près une cinquantaine d’unités de surface et sous-marines, et une quarantaine d’aéronefs. Placées sous la tutelle de la seconde flotte américaine 18 nations participent à une série d’exercices multi luttes et multi milieux.

Axé sur la recherche et la neutralisation de mines sous-marines, l’utilisation des moyens de défense aérienne, le débarquement de troupes et la défense contre les attaques de navires ennemis, cet exercice annuel vise à renforcer l’interopérabilité des alliés tout en contribuant à optimiser la réactivité de l’Alliance. Il fait également partie des activités contribuant aux mesures d’assurance prises par l’OTAN dans la région balte.

Une nouvelle fois, la France participe à cet opus en intégrant directement le chasseur de mines tripartite (CMT) Pégase dans le SNMCMG1 (NATO Maritime Counter-Minning Group 1), sous commandement de MARCOM.

Ce groupe, dont les capacités spécifiques sont indispensables aux opérations amphibies programmées dans le scénario de BALTOPS, est déployé en précurseur pour la sécurisation des routes d’accès aux points de débarquement des troupes.

LIBAN

EXERCICE CÈDRE BLEU

Du 17 au 22 juin, le porte-hélicoptère amphibie Dixmude, et la frégate de type La Fayette Guépratte participent à l’exercice amphibie « Cèdre bleu », au large du Liban.

Cèdre Bleu est un exercice ponctuel qui s’inscrit dans le cadre de la coopération bilatérale entre la France et le Liban. Le scénario complexe allie un déploiement amphibie à des manœuvres aéroterrestres. En 2019, le volume de force engagé est inédit avec près de 1000 militaires français et libanais issus des marines et armées de Terre des deux pays. Cèdre Bleu contribue ainsi à la montée en puissance tactique et opérationnelle des forces armées libanaises et renforce l’interopérabilité notamment dans le domaine de l’amphibie et de l’appui aérien.

Embarqué depuis le 28 mai à bord du Porte-Hélicoptère Amphibie (PHA) Dixmude, le Groupement Tactique Embarqué (GTE) Lyautey, sous le commandement du 1er régiment de spahis, intègre à cette occasion une équipe bilatérale franco-libanaise pour la planification et le commandement de ces manœuvres amphibies.

Arrivé à Beyrouth le 13 juin, le GTE Lyautey a terminé la phase de préparation de la manœuvre amphibie et de l’exercice aéroterrestre qui a été validée par les autorités militaires libanaises et françaises les 17 et 18 juin lors d’un « rehearsal » en conditions réelles pour la partie amphibie.

Le 19 juin, le déploiement conjoint franco-libanais a débarqué sur une plage à une trentaine de kilomètres au nord de Beyrouth pour rejoindre le plateau d’Aaqourah à l’est dans les massifs montagneux. Les champs de tir d’Aaqourah, sont perchés sur un site libanais à près de 2000 m d’altitude offrant une géographie en relief avec de véritables enjeux tactiques. Les forces des deux armées y manœuvreront ensemble sur le terrain et dans les airs avec des hélicoptères de combat.

CHAMMAL

SITUATION MILITAIRE DU THÉÂTRE

L’opération Chammal, volet français de l’Opération Inherent Resolve (OIR), poursuit sa mission de lutte contre Daech et continue à appuyer, en Syrie, les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), et en Irak les Forces de Sécurité Irakiennes (FSI).

En Irak, dans le Nord Est syrien et dans la Moyenne Vallée de l’Euphrate, la situation sécuritaire est stable. Les FSI comme les FDS y maintiennent la pression contre Daech par le biais de différentes opérations de ratissage et de sécurisation.

ACTIVITÉ DE LA FORCE

La France poursuit son engagement au sein du pilier appui de la coalition à travers la poursuite des opérations aériennes, et au sein du pilier « formation » au profit de l’armée irakienne.

  • Début du 14e mandat des TF Monsabert et Narvik

Les vendredi 14 et mercredi 19 juin, à Bagdad, le général de brigade aérienne Jean-Marc Vigilant, représentant national principal de théâtre, a présidé aux cérémonies de passation de commandement des Task Force Monsabert et Narvik.

Les missions des militaires français aux côtés des forces de sécurités irakiennes ont constamment évolué au cours des différents mandats.

Depuis 4 ans, la TF Monsabert fournit assistance et conseil [Advise and Assist] à l’État-major et aux soldats de la 6e division d’infanterie, responsable notamment de la sécurisation de Bagdad et sa région. Quotidiennement, les militaires français se rendent au centre opérationnel de la division afin de conseiller leurs homologues dans la planification et la conduite des opérations. Le mandat XIII a franchi une nouvelle étape en accompagnant par deux fois sur le terrain les Irakiens afin de mieux appréhender leurs procédures et de pouvoir proposer de futures formations et missions de conseils.

Monsabert a également mis en place des cycles d’évaluation des savoir-faire fondamentaux des soldats de la 6e division afin de lui donner une appréciation globale du niveau de ses régiments. Enfin, depuis le mois de février en plus de ces actions, Monsabert a déployé une équipe de dix instructeurs au sein de l’école d’artillerie irakienne qui donne des cours de l’avant et de l’arrière. Ils ont conduit le 1er stage Joint Fires Observer et organisé en avril le premier exercice interarmes avec des moyens exclusivement irakiens [artillerie et aviation légère].

Il est à noter que le modèle Monsabert_ inséré au sein même de la 6e division et capable avec un effectif optimisé de donner des instructions et conseils dans une quinzaine de domaines différents a retenu l’attention des commandeurs de l’opération Inherent Resolve qui souhaite l’appliquer à d’autres TF.

La TF Narvik quant à elle prend part à la formation des forces spéciales de l’Iraqi Counter Terrorism Service (ICTS). Elle porte ses efforts sur des formations très spécialisées, en adéquation avec la nature contre-terroriste de l’ICTS. L’objectif est de répondre parfaitement aux attentes de l’académie, tout en s’adaptant à l’évolution de la menace. Par exemple, Narvik a développé un stage renseignement, car ce domaine revêt un enjeu majeur aux yeux de l’ICTS, en charge de la lutte contre-terroriste. Elle a également mis en place un stage Land Navigation.

En 4 ans, l’ICTS est progressivement devenue autonome dans ces domaines et la TF Narvik porte désormais ses efforts sur la formation des instructeurs et des opérateurs spécialisés tout en perfectionnant à travers des stages dédiés des bataillons opérationnels de l’ICTS [stage REFIT]. Cet été, la TF Narvik mènera le premier stage à destination de 240 officiers, elle proposera également des stages de niveau avancé aux opérateurs.

  • Sorties air hebdomadaires [bilan du 12 au 18 juin inclus]

Les aéronefs français basés en Jordanie et aux Émirats arabes unis poursuivent leurs actions contre Daech, au sein de la coalition.

Cette semaine, les aéronefs de l’opération Chammal ont réalisé 18 sorties aériennes.

TF NARVIK : FORMATION DES SNIPERS DE L’ICTS

Depuis le 4 mai, et pour une durée de huit semaines, se déroule au sein de l’académie de l’Iraqi Counter Terrorism Service, un stage de spécialité au profit des futurs Snipers (tireurs d’élite). Aux côtés des instructeurs irakiens et de la Coalition, les instructeurs français, tireurs d’élite de la Task Force Narvik, prennent part à la formation des vingt-neuf participants.

L’objectif est de savoir neutraliser un objectif à 1000 mètres et renseigner efficacement l’échelon supérieur. Comme en France, la formation délivrée par les instructeurs irakiens se déroule de manière progressive. Après une présentation du matériel en dotation, en particulier armes et lunettes, les instructeurs expliquent la mission du Sniper, en milieu ouvert comme en zone urbaine. Chaque cours théorique est immédiatement mis en application de manière pratique sur le terrain ou au pas de tir.

Les exercices s’enchaînent jusqu'à celui de l’infiltration jusqu’à un poste d’observation en totale discrétion. Les snipers doivent progresser puis observer un objectif afin de récupérer le renseignement nécessaire à la préparation de missions futures ou au déclenchement de l’assaut, et, bien sûr, éviter de laisser de traces lors des déplacements.

Sources : État-major des armées 
Droits : Ministère de la Défense