Point de situation des opérations au 20 avril 2017

BARKHANE

APPRÉCIATION DE SITUATION

Point de situation des opération au 20 avril 2017

La situation sur le théâtre de la Bande sahélo-saharienne (BSS) reste contrastée.

Sur le plan politique, cette semaine, le processus n’a pas connu d’avancée concrète sur le terrain à l’instar du report des nominations des autorités intérimaires de Tombouctou et Taoudéni. Cependant, la volonté affichée par le président malien de faire de la mise en œuvre de l’APR une priorité de son nouveau gouvernement avant la fin de la période intérimaire (mi-juin) est encourageante.

Sur le plan sécuritaire, le niveau de menace demeure localement important comme le montrent les deux attaques ou incidents du 17 avril au Mali, liés à des engins explosifs improvisés contre les forces de sécurité maliennes ou la MINUSMA, et pour lesquels les blessés ont été évacués par Barkhane. Face à la menace des groupes armés terroristes (GAT) qui persiste, la dynamique actuelle des forces armées partenaires est positive. Le bilan de l’opération militaire conjointe transfrontalière Panga ou les réactions récentes des forces armées maliennes constituent les signes d'une montée en puissance et d'une véritable volonté de lutte contre les groupes terroristes.

 

ACTIVITÉS DE LA FORCE

  • Opération franco-malienne Ioké 1 sur la Transsaharienne

Du 5 au 15 avril 2017, le groupement-tactique désert (GTD) infanterie Korrigan a conduit l’opération IOKE 1 dans la région d’Almoustarat avec le groupement tactique interarmes 8 (GTIA 8) des forces armées maliennes (FAMa).

Une première phase d’instruction opérationnelle dédiée aux procédures de lutte contre les engins explosifs improvisés (C-IED), à la reconnaissance de points particuliers avec appui du génie, au sauvetage au combat et aux missions de défense ferme, a été conduite en alternant avec des patrouilles en ville de jour comme de nuit.

Dans un deuxième temps, l’instruction opérationnelle s’est concentrée sur les points de contrôle routier avec fouille de véhicules et de personnes, la reconnaissance motorisée et le bouclage de zone.

Lors de la dernière phase de l’opération, les forces se sont déployées sur le terrain pour mener des opérations de contrôle de zone dans la profondeur. Les reconnaissances conduites jusqu’à Tabankort, sur l’axe Almoustarat–Anéfis, font partie de la lutte contre le réseau de poseurs d’engins explosifs improvisés (IED), sur un axe reconnu comme particulièrement pollué.

Ce type d’opération consolide les savoir-faire opérationnels des FAMa et participe à leur montée en puissance pour étendre progressivement leurs zones d’action et sécuriser la région.

  • 18 avril : Coopération efficace entre les FAMa et Barkhane pour lutter contre les GAT

Tôt dans la matinée du 18 avril, le poste FAMA situé à Gourma Rharous, à 120 km à l’Est de Tombouctou, a été victime d’une attaque de la part d’un groupe armé terroriste. Les soldats maliens ont rapidement réagi à la surprise de l’attaque. Perdant quatre soldats dans la violente prise à partie, les soldats maliens sont parvenus à mettre hors de combat plusieurs assaillants et à transmettre une demande d’appui vers Barkhane. 

La bonne coordination et la rapidité de l’alerte donnée par l’armée malienne ont permis d’envoyer un module d’intervention aérocombat composé d’hélicoptères Caïman/Tigre, et transportant un détachement de commandos de montagne de la force Barkhane.

Les éléments de Barkhane sont parvenus à relocaliser et identifier les terroristes en fuite à une trentaine de kilomètres du lieu de l’attaque et ont intercepté et neutralisé deux picks up, ainsi qu’une dizaine de terroristes.

Les militaires maliens blessés ont été évacués par les hélicoptères de la MINUSMA. Les blessés les plus graves ont été pris en charge par les équipes médicales de Barkhane au Rôle 2 de Gao.

Après cette première phase de réaction coordonnée et rapide, l’armée malienne a poursuivi  des opérations dynamiques de contrôle de zone au sud de Gourma Rharous afin de mener des fouilles complémentaires et de poursuivre les autres assaillants en fuite avec le soutien des moyens aériens de Barkhane.

Les actions menées, qui ont permis d’inverser le rapport de force, témoignent de la réactivité des forces armées maliennes (FAMa) et de la bonne coordination avec les éléments de Barkhane. Cette efficacité opérationnelle est le résultat des instructions ciblées, des entraînements communs, de la mise en place de procédures communes. Elle est la raison d’être du partenariat militaire opérationnel soutenu par Barkhane.

Point de situation des opération au 20 avril 2017

 

CHAMMAL

APPRÉCIATION DE SITUATION

Point de situation des opération au 20 avril 2017

Au Levant, dans l’ensemble des zones où se tiennent les principaux affrontements contreDaech (région de Mossoul et région de Tabqah en Syrie), les combattants de l’organisation terroriste opposent une vive résistance et cherchent à renforcer leur dispositif défensif, mais ne parviennent pas à contenir la progression des forces soutenues par la coalition.

En Syrie, dans la région de Tabqah, Daech mène une campagne de harcèlement pour tenter de freiner la progression des Forces Démocratiques Syriennes (FDS).

En Irak, Daech a poursuivi ses actions asymétriques en visant les principaux axes routiers dans les régions de Rutbah et de Hawijah, en ayant recours à des poses d’IED et des attaques indirectes.

Dans la ville de Mossoul, après une stagnation relative des lignes de front ces dernières semaines, les actions offensives de l’ICTS et des FEDPOL ont permis de poursuivre la manœuvre d’isolement de la médina en parvenant à établir une tête de pont dans celle-ci. Ces progressions, bien que d’ampleur limitées, marquent l’incapacité de Daech à tenir le terrain en dépit de la résistance féroce de ses combattants. Les cellules dormantes laissées par Daech sur les arrières imposent, en revanche, un effort permanent et méthodique de sécurisation.

Aux abords de la ville la 9e division irakienne a poursuivi l’extension de sa zone de contrôle en direction du Sud et de l’Ouest.

En marge des combats, Daech continue de mener de manière sporadique des tirs de mortiers non discriminés sur Mossoul-Est.

 

ACTIVITÉS DE LA FORCE CHAMMAL

  • Appui aérien au Levant

Cette semaine, les aéronefs de l’opération Chammal ont réalisé 35 sorties aériennes dont 28 de reconnaissance armée ou d’appui au sol (CAS), 1 de commandement et de contrôle aérien, 2 de ravitaillement, et 4 de recueil de renseignements.

6 frappes ont été réalisées par les avions français en Irak, toutes en appui d’unités irakiennes engagées contre les combattants de Daech dans les régions de Mossoul et de Tall Afar ainsi que près de Tikrit.

Plus de 1200 frappes ont ainsi été conduites par les moyens français depuis le début de l’opération Chammal.

  • Appui feu – TF Wagram

La Task Force (TF) Wagram a poursuivi cette semaine ses missions de tir en appui de la 9edivision irakienne engagée dans la région de Badush.

Elle a réalisé 32 missions de tir en appui des unités irakiennes, appuyant leur progression en direction du Nord-Ouest et du Sud pour élargir la zone contrôlée par la 9e division autour de Badush.

  • Relève de la FREMM Provence par la frégate LFY

Le dispositif de la force Chammal a évolué avec la relève le 13 avril de la frégate Provence par la frégate Lafayette. Déployée en Méditerranée orientale, la frégate La Fayette a intégré l’opération Chammal au sein de laquelle ses capacités d’observation permettent de recueillir des informations et de contribuer à l’appréciation nationale de situation sur le théâtre du Levant, en complément des autres moyens français présents sur zone.

Point de situation des opération au 20 avril 2017

TF 150

Le 13 avril 2017, le contre-amiral Olivier Lebas a pris le commandement de la Combined Task Force 150 pour une durée de 4 mois. C’est la 10e fois depuis 2001 que la France assure le commandement de la CTF 150, force navale multinationale chargée de lutter contre les trafics illicites (armes, drogues) liés aux activités terroristes dans une zone deux fois plus vaste que la Méditerranée.

La zone de responsabilité de la CTF 150 est caractérisée par la présence des principales routes maritimes entre l’Occident et l’Orient, ainsi que de deux détroits internationaux stratégiques : Ormuz et Bab el-Mandeb.

Il s’agit pour le commandement français de commander des moyens aériens et navals destinés à entretenir une connaissance aussi précise que possible des activités maritimes dans la zone afin de déceler les activités illicites et de faciliter leur répression. .

Durant le commandement français, trois bâtiments de la Marine nationale (FLF Surcouf, FS Nivôse et BCR Var) et des moyens de surveillance maritime (1 Falcon-50) seront engagés au sein de cette force. Des navires alliés, principalement britannique et australien ainsi que des avions de patrouille maritime danois et néo-zélandais apporteront leur contribution à cette mission. 

L’état-major placé à la tête de cette opération sera composé de 24 personnes, dont 14 Français, 7 Britanniques et 3 officiers alliés italien, australien et belge. Le caractère multinational de cet état-major représente un exemple de véritable coopération opérationnelle au sein d’une opération qui compte de nombreux participants.

Sources : État-major des armées 
Droits : Ministère de la Défense