Point de situation des opérations

FAA – FAG – Ouragan IRMA

Dans un cadre interarmées et interministériel, les armées ont poursuivi cette semaine leur mission d’assistance aux populations des Antilles. Déjà touchées par Irma, ouragan de catégorie 5, les Antilles ont subi cette semaine le passage de José puis de Maria.
Ce dernier a encore durement touché les Antilles et plus particulièrement la Guadeloupe et la Martinique. Il a également fortement impacté le déroulement des opérations de secours et d’assistance en interdisant toute opération aérienne ou maritime sur les Antilles pendant près de 36 heures.

Avant l’ouragan Maria
Entre le passage de José et de Maria, les FAA ont poursuivi leur action au profit des populations sinistrées par l’ouragan Irma, en appui de l’effort interministériel et à la demande des autorités préfectorales.
Le concours des armées s’est inscrit selon trois volets : l’appui direct, la sécurisation et l’assistance la population.
L’appui direct a consisté en des missions d’appui à la mobilité (ouverture des axes, déblaiements des encombrants, reconnaissance des infrastructures aéroportuaires). Il est assuré principalement par les détachements du RSMA qui ont pu dégager cette semaine la totalité des axes. Leur effectif s’élève aujourd’hui à 260 soldats sur l’île de Saint Martin ;
Avec l’arrivée des éléments génie précurseurs, projetés par C17 britannique, ont également débuté les opérations de rétablissement sommaire des infrastructures ;
Pour la sécurisation, le déploiement en contrôle de zone de l’échelon d’urgence, patrouillant jour et nuit, à pied, dans l’ensemble de l’île, a permis de mettre fin à plusieurs tentatives de pillage. Le risque d’une détérioration sécuritaire est écarté à court terme. Au contact permanent de la population, la force s’attache à faire remonter les besoins et à répondre aux sollicitations. Le groupement a poursuivi ses missions au-delà de l’heure de confinement annoncée de façon à prévenir les éventuelles tentatives de pillage ;
Enfin la force assiste la population avec ses moyens ou capacités : transport de fret humanitaire ou de personnel, expertise sanitaire, conseil auprès des autorités civiles. Dans ce cadre, 200 tonnes d’eau avaient été pré-positionnées à Saint-Martin en perspective de l’arrivée prévue de Maria.

Passage de Maria
Le passage de l’ouragan Maria a fortement impacté les opérations en imposant notamment un arrêt des flux aériens et maritimes et la prise de mesures de confinement jusqu’au mardi 19 soir. Les avions initialement positionnés aux Antilles et qui participaient au pont aérien à destination de Saint Martin ont été placés à l’abri à Cayenne pour être en mesure d’apporter leur soutien dès la fin du passage de Maria. A ce titre, les militaires des Forces Armées en Guyane (FAG) ont été mis en alerte. De leur côté, les frégates de surveillance Ventôse et Germinal ont transité vers Fort de France d’où elles sont aujourd’hui en mesure de participer aux opérations de soutien.
Dès que les conditions l’ont permis, soit le mardi 19, des renforts de la sécurité civile ainsi que 2 sections du 9ème Rima avec du matériel de déblaiement ont été transportés depuis la Guyane vers Fort-de-France et la Guadeloupe par Casa et A400M. Le lendemain, un A340 des armées françaises décollait de Marseille avec des renforts de la sécurité civile (185 pax) et du fret humanitaire (18t).
En attendant l’arrivée des renforts, dix détachements des RSMA ainsi que des éléments du 33ème RIMa étaient immédiatement déployés en Martinique et en Guadeloupe afin d’identifier les zones sinistrées et commencer le déblaiement.

Dispositif actuel
La fin du passage de Maria a permis de redéployer un dispositif conséquent, encore renforcé en comparaison du dispositif pré-Maria. Il se compose actuellement :

- d’un volet terrestre : avec plus de 800 soldats à Saint Martin qui assurent des missions de sécurisation, de déblaiement et de rétablissement sommaire d’infrastructure. Ce volet terrestre déployé à Saint Martin sera renforcé par les renforts en cours de transit sur le BPC. Par ailleurs une dizaine de détachements des RSMA sont actuellement à pied d’œuvre en Martinique et en Guadeloupe pour déblayer les axes routiers et permettre au secours de se déployer.Ce volet terrestre est susceptible d’être renforcé à tout moment par près de 1000 soldats des RSMA Guadeloupe et Martinique encore disponibles ;

- d’un volet aérien : avec 9 aéronefs dont 1 Falcon, 2 Casa, 1 A400M, 3 HM Puma, 1 Alouette 3 et 1 Panther qui assurent les liaisons logistiques entre les îles ainsi que des missions de secours ou d’assistance à la population ;

- d’un volet maritime : avec 2 frégates de surveillance maintenant positionnées à Fort de France pour recomplètement de vivres et de fret et disponibles en alerte à 24h en cas de besoin.

Pour pouvoir durer, la partie commandement du dispositif a par ailleurs été renforcée cette semaine par 7 stagiaires de l’Ecole de Guerre et des renforts du CPOIA.

Bilan chiffré
Le pont aérien et maritime, avec plus de 200 liaisons aériennes (Casa : 112 liaisons, Puma : 56 liaisons, A400M : 35 liaisons), a permis d’acheminer plus de 2200 renforts (militaires, pompiers, gendarmes et sécurité civile), et plus de 200 000 litres d’eau vers les zones sinistrées.
Aujourd’hui, ce sont plus de 1100 militaires qui sont à pied d’œuvre sur le terrain pour participer aux travaux de déblaiement, de rétablissement sommaire et de sécurisation à Saint Martin.
L’arrivée prochaine du BPC Tonnerre, prévue le 23 septembre, renforcera significativement les capacités génie et logistique. Elle permettra de débuter la transition entre la phase d’urgence et la phase de reconstruction, en participant à des travaux de rétablissements sommaires visant au retour à la vie normale a minima. Ils permettront notamment d’accélérer le travail de dégagement des axes routiers et de déblaiement.

Opération ALBATROS

Afin de toujours mieux coordonner leurs efforts face au défi logistique auquel ils font face, la France, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont décidé de lancer une opération commune baptisée Albatros qui permettra grâce à la création d’une structure militaire tripartite de répondre à ce besoin de coordination supplémentaire.
Cette structure, baptisée Multinational Caribbean Coordination Cell (MNCCC), visera à établir et suivre en temps réel la situation logistique dans la zone afin d’identifier des options de mutualisation et d’optimisation au profit des différentes opérations nationales en cours et de tous les autres acteurs pouvant en avoir besoin (acteurs institutionnels, organisations internationales et non gouvernementale).
Cette opération s’appuiera sur :

un échelon stratégique en Europe, constitué de la mise en réseau des échelons logistiques stratégiques des trois nations), et qui sera en charge de centraliser et suivre les informations concernant les mouvements stratégiques entre l’Europe et les Caraïbes. Il diffusera cette Full Logistic Strategic Picture (FLSP) à l’échelon opératif.
un échelon opératif, constitué d’un petit PC de coordination (MULTINATIONAL CARIBBEAN COORDINATION CELL - MNCCC), localisé à Curaçao (NL) sur le site de la base navale néerlandaise de Parera. Cette structure aura pour mission d’assurer la synthèse et le suivi des déploiements, dispositifs, ressources et mouvements militaires sur l’ensemble des Caraïbes. Interlocuteur privilégié des opérations nationales, il pourra également répondre à des besoins exprimés par les autorités nationales par l’identification de moyens ou vecteurs disponible.
Ce PC, placé sous les ordres d’un colonel français et subordonné aux échelons stratégiques rassemblera une vingtaine de militaires en provenance des différentes armées des trois nations impliquées. Une première capacité opérationnelle est attendue pour le 24 septembre, la pleine capacité est attendue elle pour le 27 septembre. La durée de la mission est estimée de l’ordre d’un à deux mois.

BARKHANE

ACTUALITE DU THEATRE
APPRÉCIATION DE SITUATION

situation sécuritaire
Au Sahel, la situation sécuritaire a été marquée par une attaque à Kidal sur une emprise de la MINUSMA où se situe également un détachement de Barkhane. Huit obus sont tombés sur le camp sans faire de victime. Une attaque avait également eu lieu en tout début de semaine contre la plateforme de Gao, attaque qui n’avait pas été revendiquée et avait blessé deux soldats maliens et causée quelques dégâts matériels.

Situation politique
La force conjointe G5 Sahel poursuit sa montée en puissance avec la réunion cette semaine à Sévaré des CEMGA de la Force. Cette réunion a rassemblé l’ensemble des chefs d’état-major des armées (CEMGA) du G5 pour valider différents de processus en vue de la mise en condition opérationnelle de cette force.

ACTIVITÉS DE LA FORCE
Activité du partenariat

OMCT MAI BOULALA
L’Opération Militaire Conjointe Transfrontalière (OMCT) MAI BOULALA, opération conjointe avec les forces nigériennes et tchadienne s’est achevée lundi dernier. Ces opérations transfrontalières ont pour but de développer l’interopérabilité, la coordination et la capacité de travail de part et d’autre de la frontière des pays du G5.
Avec l’appui de Barkhane et pendant une semaine, plusieurs centaines de soldats des armées nigérienne et tchadienne ont contrôlé une zone d’opération d’environ 80 kilomètres de long sur 40 kilomètres de large.
Inauguration d’un moulin par le Détachement Interarmes opérationnel (DIA-PMO) de Asongo
Dédié à l’accompagnement des forces armées maliennes dans le secteur d’Ansongo (Mali), le détachement assortit régulièrement ses missions opérationnelles d’actions au profit de la population. Arrivé au terme de sa mission dans ce secteur, il a ainsi réhabilité un moulin à céréales, source de revenu pour la population de la région.
Bilan des opérations aériennes :
Bilan du 13 au 19 septembre inclus :
24 sorties chasse / 18 sorties RAV ISR / 50 sorties transport.
Total : 92 sorties (87 la semaine dernière).

CHAMMAL

ACTIVITE DE LA SEMAINE

L’effort principal de la coalition porte toujours sur Raqqah où le rythme de la conquête se maintient. Daech est maintenant complètement encerclé et n’a plus d’échappatoire. Le repli des dernières troupes de Daech dans des secteurs clés laissent néanmoins présager des combats ultimes acharnés.
Bilan des opérations aériennes :
Bilan du 13 au 19 septembre inclus :
Bilan missions AIR : 41 sorties / 6 frappes / 8 objectifs neutralisés
Bilan total depuis le 19/09/14 : 7136 sorties / 1375 frappes / 2152 objectifs neutralisés.
Dont depuis le 27/09/15 en Syrie : 149 frappes / 295 objectifs neutralisés.
Bilan de la TF WAGRAM du 13 au 19 septembre inclus :
8 missions de tirs réalisées. (6 la semaine dernière) ;
8 missions de harcèlement, de neutralisation, d’interdiction ou de destruction.
Bilan total depuis le début de la mission de la TFW : 1485 missions réalisées.

EFP

NORTHERN FROG
Premier exercice pour le deuxième mandat Lynx qui marque la dernière étape vers l’intégration de la D Coy et de la 5e compagnie au sein du même battlegroup. L’exercice avait pour but de confirmer l’interopérabilité des deux compagnies au niveau bataillonnaire.
Northern Frog est un exercice qui se joue tous les ans en Estonie depuis 2012, et pour la première fois cette année avec plusieurs nations. Northern Frog a rassemblé près de 2000 hommes. Son envergure a exigé la présence d’OPFOR estoniens volontaires de l’Estonian Defence League (EDL) et de 2 sections de militaires italiens et canadiens venus du battlegroup EFP de Lettonie. Les phases de combats ont été arbitrées par des militaires estoniens qui confirmaient si les tirs avaient détruit l’ennemi ou non.
L’exercice a d’abord consisté en une phase d’entraînement aux modes d’action offensifs et défensifs avec franchissement d’obstacles du Génie.
La deuxième phase, dénommée Stormy weekend, s’est effectuée en terrain libre. Elle a opposé les forces du mandat Lynx à des miliciens de l’Estonian Defense League (Kaitseliit) défendant leurs positions.
Cet exercice a confirmé la capacité des français et britanniques à travailler ensemble sur un exercice en terrain libre.

CORYMBE

EXERCICE NEMO

Du 10 au 18 septembre 2017, le BPC Dixmude et le PHM Commandant Bouan ont participé à l’exercice African NEMO aux côtés des marines riveraines du Golfe de Guinée.
L’ambition d’African NEMO est de favoriser la coopération entre les pays riverains en s’appuyant sur l’architecture de sécurité régionale, définie lors du sommet de Yaoundé.
Pendant une semaine, une dizaine d’entraînements ont reproduit des scénarios réalistes dans le domaine de la sécurité maritime : contrôle de police des pêches, assistance à un bâtiment en détresse, lutte contre la piraterie ou secours d’un homme à la mer. Lors de cet exercice, neuf marines se sont entraînées : Nigéria, Togo, Ghana, République de Côte d’Ivoire, Sénégal, Cameroun, Bénin, Libéria et Guinée.Favorisant la constitution d’une communauté maritime, African NEMO est donc un exercice international majeur en matière de sécurité maritime dans le golfe de Guinée. Cette communauté s’est d’ailleurs encore exprimée lors de la tenue d’un symposium des chefs d’Etat-major des marines riveraines à Dakar qui s’est tenu les 19 et 20 septembre.

FANC

EXERCICE EQUATEUR

Du 4 au 15 septembre 2017 s’est tenu l’exercice EQUATEUR en Nouvelle-Calédonie. Préparatoire à CROIX DE SUD (les années paires), EQUATEUR (les années impaires) est un exercice interarmées de poste de commandement. 9 pays y ont participé cette année : Australie, Etats-Unis, Fidji, Japon, Nouvelle-Zélande, Papouasie Nouvelle-Guinée, Royaume-Uni, Tonga et Vanuatu, soit une centaine de militaires au total, dont une trentaine d’étrangers.
Après une semaine de planification, la deuxième semaine a été consacrée à la conduite de l’opération.
Le scénario a fictivement conduit les participants dans un pays frappé par une catastrophe naturelle (tsunami) et ayant à faire face à une importante dégradation de la situation sécuritaire, jusqu’à nécessiter une évacuation de ressortissants. Cet exercice papier de grande ampleur s’est très bien déroulé et présage favorablement de l’exercice Croix du sud qui aura lieu l’année prochaine et qui devrait rassembler plus de 1 800 militaires provenant d’une dizaine de nations différentes.

TN – HEPHAISTOS (26 juin et le 15 septembre 2017)

Campagne Héphaïstos 2017, les forces armées dans un contexte de grande sécheresse
Cet été, dans un contexte de sécheresse exceptionnelle, le sud de la France a été le théâtre de nombreux feux de forêt avec près de 15 000 hectares incendiés.
Le 15 septembre ayant marqué la fin de l’opération Héphaïstos, il est temps de tirer un bilan de la contribution des forces armées à la lutte contre les feux de forêt.
Comme chaque année l’action des armées a été portée par l’opération Héphaïstos, avec le déploiement permanent des moyens suivants :
un détachement d’intervention héliporté (DIH) composé de 3 hélicoptères permettant le transport des soldats du feu ou de fret au plus près des sinistres ou dans les zones inaccessibles par moyens terrestres. Cet été, il a totalisé plus de 230 heures de missions ;
1 groupe de génie intégré (GGI) équipé de deux tracto-niveleurs permettant l’aménagement de coupe-feu et d’ouvrir des voies d’accès aux pompiers en pleine forêt. Ce groupe a notamment été particulièrement sollicité dans le Var au mois de juillet ;
et 2 modules adaptés de surveillance (MAS) déployés en Corse qui ont été déployés quotidiennement pour repérer les départs de feu au plus tôt et donner l’alerte. Cette année en réalisant près de 700 patrouilles, ils ont permis de détecter trois départs de feux, et ont participé à la surveillance de l’évolution de nombreux autres ;
enfin, un détachement de liaison de l’armée de l’Air déployé au sein du centre opérations de la préfecture de zone de défense et de sécurité Sud pour assurer la gestion de l’espace aérien et donner la priorité aux aéronefs de la sécurité civile.

Les réquisitions :
En plus des moyens engagés dans l’opération Héphaïstos, les forces armées ont également répondu à plus d’une vingtaine de demandes de concours préfectoral portant sur :
la mise en œuvre de véhicules incendie des armées de terre, de l’air et de la marine :
Air : BA 125(Istres) et BA 126 (Solenzara) ;
Terre : 2e REP (Calvi), 1er REC (Carpiagne) et camps de Canjuers ;
Marine : Base de Toulon.
l’avitaillement de véhicules et aéronefs de la sécurité civile par les camions citerne du 54ème RA de Hyères et de la base de l’aviation légère de l’armée de Terre du Cannet des Maures (plus de 150 m3 de carburant distribué) ;
la mise à disposition le 26 juillet de la base aéronavale d’Hyères pour le poser et le ravitaillement des aéronefs de la sécurité civile ;
la mise à disposition de lits de camps et de couvertures au profit des populations de Bormes les Mimosas évacuées lors des feux de forêt du 22 juillet 2017 (moyens d’hébergement d’urgence pour 300 personnes).

Sources : État-major des armées
Droits : Ministère de la Défense