Chammal : la France inaugure un bâtiment pour la formation des forces spéciales irakiennes

Il est 10 h du matin et le soleil écrase déjà la capitale irakienne où est située l’académie de l’Iraqi Counter Terrorism Service (ICTS). C’est ici que les soldats français de la Task Force Narvik (TF Nforment les nouvelles recrues des forces spéciales qui rejoindront bientôt leurs camarades dans la bataille de MOSSOUL, dès leur formation achevée.

Afin de délivrer un enseignement toujours plus affuté et adapté, issu des retours d’expériences des Irakiens ayant combattu à MOSSOUL, la France inaugure aujourd’hui la quatrième infrastructure qu’elle a financée et mise en place au profit de l’académie irakienne. Cette dernière est dédiée à la fouille opérationnelle.

La voiture de l’ambassadeur de France s’avance dans une allée bordée de fantassins au garde à vous, tandis que le lieutenant-colonel François, commandant la TF N, s’avance à sa rencontre. Les deux hommes, rejoints par le colonel Michel, représentant national (NR) auprès la composante terrestre de l’opération Inherent Resolve, rallient la place où les attendent, entre autres, le général Fallah, commandant l’académie, ainsi que le capitaine de vaisseau américain M., représentant les forces spéciales de la Coalition en Irak et l’autorité opérationnelle de la TF N.

Le général Fallah accueille l’ambassadeur de France par une franche accolade tandis que le COL Michel s’avance vers l’estrade montée devant l’infrastructure.

« Je suis particulièrement honoré de votre présence, aujourd’hui, pour cette cérémonie d’inauguration. Elle concrétise un projet utile porté par le LCL François et ses prédécesseurs », commence-t-il.
Le NR poursuit son discours, saluant le courage et la détermination des forces irakiennes qui évoluent dans un environnement pollué d’engins IED « qui rend la progression en zone urbaine particulièrement dangereuse ». « Le bâtiment que nous inaugurons est dédié à la formation de l’ICTS dans ce domaine », lance-t-il en insistant sur le fait que « l’utilisation desIED restera une caractéristique de l’action terroriste ».

Le général Fallah prend ensuite la parole, débutant son intervention par de chaleureux remerciements aux Français, leur souhaitant bonheur et bien-être, insistant sur le fait que les relations n’ont cessé de se renforcer depuis deux ans et continueront de se développer à travers des appuis délivrés et notamment la formation au profit de l’ICTS. « J’en veux pour preuve la visite régulière des autorités politiques et militaires françaises» souligne-t-il. Le général poursuit en déclinant les nombreux savoir-faire enseignés par la TF N lors des stages dirigés ou animés par les Français. « Les Français laissent toujours une très forte empreinte de professionnalisme auprès de nos soldats », insiste-t-il, renouvelant ses remerciements pour cette quatrième infrastructure qui rassemble aussi  un complexe pour s’entraîner au combat en zone urbaine, une maison dédiée à la sensibilisation au piégeage et enfin un bâtiment consacré aux munitions et explosifs.

Le LCL François présente une paire de ciseaux aux deux orateurs qui découpent soigneusement les rubans aux couleurs irakiennes et françaises. La Maison de fouille opérationnelle est enfin inaugurée.

Le commandant de la TF N invite les autorités à le précéder à l’intérieur afin de procéder à une visite thématique et pédagogique, en s’appuyant sur les savoir-faire tirés de l’expérience mossouliote.

En pénétrant dans la maison, la chaleur, encore plus pesante qu’au dehors, s’abat sur les convives accueillis par un caporal-chef qui explique que la première étape consiste à ne laisser rentrer qu’un seul binôme, chargé de sécuriser la pièce en s’assurant qu’aucun piège ne puisse entraver leur mouvement.

Dans la seconde pièce où l’ambassadeur s’engage, se trouve un robot qui permet d’approfondir les fouilles, d’approcher et manipuler en toute sécurité les éléments suspects. Plusieurs caches sont également dévoilées dans cette espace, notamment une trappe dissimulée dans le sol qui mène à un tunnel permettant de s’échapper en toute discrétion. Le robot y sera donc engagé afin de reconnaître le passage en toute sécurité.

La troisième pièce dévoile également son lot de caches : sous une table basse, dans le meuble de la télévision ou encore en retirant des plinthes d’une étagère. Tous les éléments trouvés, qu’ils soient létaux ou non, sont placés sous scellés, par le lieutenant qui réalise la démonstration, afin de les préserver pour une inspection ultérieure au laboratoire.

Enfin, dans la dernière salle, le capitaine encadrant le stage explique comment découvrir l’espace de quelques mètres carrés, dissimulé derrière un faux-mur. Le petit espace mis à jour dévoile un véritable poste de renseignement et de liaison, dans lequel on trouve un bureau, des postes radios et informatiques, des cartes et des plans ou encore des armes.

La visite se termine à l’extérieur où un adjudant présente l’ensemble du matériel utilisé par les forces françaises et irakiennes en termes de fouille opérationnelle : matériel de reconnaissance comme le robot, matériel d’intervention tels que les éléments de prélèvements qui permettront d’analyser dans l’immédiat, sur le terrain, la nature de certains composants, déterminant la présence ou non d’explosifs.

L’ambassadeur se dit très satisfait de cette infrastructure optimisée afin de transmettre aux forces de l’ICTS toutes les expertises dont ils ont besoin actuellement.

S’avançant vers le général Fallah, le LCL François lui remet officiellement les clés de la maison, insistant sur l’inscription dans la durée de leur collaboration et le remerciant à nouveau pour la confiance qu’il témoigne régulièrement aux Français.

Le général Fallah saisit la main du commandant de la Task Force Narvik en la tenant fermement serrée dans la sienne en signe des liens forts qui unissent les deux chefs et à travers eux, nos deux pays.

Lancée depuis le 19 septembre 2014, l’opération Chammal est le volet français de l’Operation Inherent Resolve (OIR). Il mobilise aujourd’hui près de 1 200 militaires. A la demande du gouvernement irakien et en coordination avec les alliés de la France présents dans la région, l’opération Chammal repose sur deux piliers complémentaires : un pilier « formation », au profit d’unités de sécurité nationales irakiennes (Task Force Narvik et Monsabert) et un pilier «  appui », consistant à soutenir l’action des forces locales engagées au sol contre Daech et à frapper les capacités militaires du groupe terroriste par l’action combinée des moyens aériens déployés, de la TF Wagram et des bâtiments de la marine nationale.

Sources : État-major des armées 
Droits : Ministère de la Défense